Archive | décembre, 2010

« J’élève mon enfant de façon neutre, ni fille ni garçon »

9 Déc

Curieux témoignage dans le Grazia de cette semaine d’une maman suédoise, Malin Björn, qui a décidé d’élever son enfant de façon neutre, de le soustraire autant que possible  à cette pression sociale qui range les humains dans deux cases bien distinctes dès leur naissance, H/F.  Maman d’un enfant de 18 mois, elle lui a donné un prénom mixte, l’habille indifféremment avec des vêtements masculins ou féminins, un jour en robe, le lendemain avec un T-shirt orné d’un dinosaure, lui offre aussi bien des poupées que des petites voitures, a décoré sa chambre dans des tons neutres. Rien de bien choquant dans tout cela jusqu’ici, mais l’expérience devient plus insolite quand on sait que la maman refuse de dévoiler le sexe de l’enfant,  seuls quelques proches étant dans la confidence (en gros ceux qui changent sa couche).

« Ce que je veux, c’est lui offrir toutes les options possibles, pour que Charlie soit guidé par ses désirs et sa curiosité, et pas parce qu’en attend la société« . (…) Si personne ne connaît le sexe de mon enfant, impossible de le discriminer ou de lui imposer un comportement« . Elle souhaite ainsi démontrer  que l’attitude des enfants est souvent guidée  par un mécanisme social plus que par des prédispositions génétiques. D’après son témoignage, peu de gens semblent comprendre sa démarche, au mieux ils trouvent ça déconcertant, au pire certains vont jusqu’à parler de maltraitance, craignant que l’enfant ne rencontre des troubles de l’identité. J’ai moi-même ressenti un certain malaise en lisant cet article, mais c’est surtout l’idée d’utiliser ainsi son enfant pour une expérience qui me dérange. Même si Malin Björn  se défend d’utiliser son enfant comme cobaye, et considère qu’il s’agit plus d’une expérience sur la société que sur l’enfant lui même.

C’est en tous cas un témoignage qui m’a interpellé, à quelques jours de mon accouchement , car j’avoue tout, la commode de ma fille déborde de petites robes , de vêtements roses, de cœurs, de fées, de fleurs et de papillons! Mais surtout en feuilletant les catalogues de jouets  qui s’entassent dans nos boîtes aux lettres en ce moment,  il est navrant de se rendre compte que certains préjugés ont encore de beaux jours devant eux: Mademoiselle fait le ménage pendant que Mini-man bricole…

 

Kit de survie pour future maman alitée

2 Déc

Un samedi matin, il y a quelques semaines, je me réveille inquiète et je ressens un impérieux besoin d’être rassurée, je file donc aux urgences un peu honteuse, persuadée qu’on va me renvoyer fissa à la maison en se moquant gentiment de mes angoisses. Et là surprise, mon col est ouvert à deux doigts et j’ai des contractions toutes les 5 minutes (que je ne sens pas)… Je ne suis enceinte que de 33 semaines, la sage-femme reste d’une douceur et d’un calme olympien (et du coup nous aussi) mais l’air de rien c’est le branle-bas de combat: pose d’une perfusion pour arrêter les contractions, injections de cortisone pour accélérer la maturation des poumons du bébé, analyses en tous genres, interdiction de me lever même pour aller aux toilettes pendant les premières 24h, et les monitoring s’enchainent… Après une grosse semaine d’hospitalisation (je frôle la crise de nerfs) et une fois passé le fameux « cap des 34 semaines » on m’autorise à rentrer chez moi, sous réserve d’un repos strict: Une sage-femme me rend visite 3 fois par semaine, je dois rester allongée (pas assise, et la nuance est de taille, les activités sont d’autant plus limitées), je n’ai le droit de me lever que pour aller aux toilettes et prendre une douche rapide… Les journées sont longues, très longues, et si vous voulez éviter le nervous breakdown, il vous faut au moins:

 

# La Sainte Trinité Ordinateur portable/Wi-Fi/Carte bleue: Parce qu’évidemment à 33 semaines la chambre de bébé n’est pas prête, vous n’aurez jamais assez de bodies taille naissance, vous n’avez pas encore acheté la baignoire/l’écoute bébé/l’écharpe de portage. Privée de shopping IRL, vous entamez donc  sérieusement l’héritage de votre future descendance sur internet (Vert Baudet mon ami).

# Un téléphone: Indispensable pour rassurer Maman/Mamie/Tata Jeannine. Les conversations commençant toutes invariablement par « t’es toujours là? ».

# Une télé: Je ne l’allume qu’en fin de journée pour un programme spécial SNU (Syndrôme du Neurone Unique): « Un dîner presque parfait » sur M6 déclenche l’ouverture des hostilités, puis « N’oubliez pas les paroles » sur France 2 , je n’ai pas le droit de bouger mais heureusement  personne ne m’a interdit de brailler sur Dave ou Stone et Charden. Et une fois par semaine je tombe dans la déchéance la plus totale en finissant ma soirée sur « Qui veut épouser mon fils? » l’émission la plus bête du PAF, on est d’accord, mais la maman de Guiseppe est so fascinating, non?

# Des mags et quelques bouquins: du léger évidemment, côté mags mon duo gagnant à moi c’est Elle + Grazia. De la semaine dernière, le réapprovisionnement étant aléatoire quand on ne peut pas se traîner soi même jusqu’au kiosque. Côté bouquins, l’histoire d’une femme coyote élevée par des loups garous fera l’affaire.

# Des sucreries: Si vous avez au moins eu la chance d’échapper au diabète gestationnel, c’est le moment de vous lancer dans une étude comparative de toutes les marques de cookies existant sur le marché.  D’autant que bizarrement le fait de rester allongée me fait maigrir…

# Un félin compatissant: il a vite compris que vous n’étiez plus la patronne depuis que vous ne pouvez plus remplir sa gamelle 30 fois par jour, et il n’a plus d’yeux que pour son seigneur et maitre. Mais il daignera de temps en temps partager votre sieste pour vous réchauffer ou jouer avec vos doigts de pied. On ne sait jamais, le vent peut vite tourner.

# Un futur papa attentionné: Qui n’hésite pas à se transformer en fée du logis, à assumer  les repas, les lessives, la vaisselle, le ménage mais aussi à satisfaire vos moindres caprices de femme très enceinte, à accourir quand vous avez besoin de la télécommande, d’un carré de chocolat, d’un verre de jus de goyave (ah y’en a plus? Tu peux passer à la superette?) ou  d’un quatrième coussin. Et qui est capable d’aller acheter des serviettes hygiéniques taille XXL pour compléter votre valise pour la maternité. Moi je dis bravo.